Voitures de société, un symbole coûteux plus qu'un besoin


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L’entreprise-phare du Zoning Nord de Wavre, GSK et ses 4.500 employés, se montre consciente du problème de la mobilité et y travaille ([1]). Selon ses propres statistiques, plus de 70% des transports domicile-travail est assuré par la voiture privée et 52% des kilomètres automobiles sont à mettre sur le compte des voitures d’entreprise.
 

L'Etat belge ‘subventionne’ chaque voiture de société en moyenne à raison de 230 €/mois. Pour la Belgique, l’OCDE estime le manque à gagner de l’Etat à 1,995 milliards d’euros en 2012. Ce résultat est cohérent avec l’estimation faite par IEW ([2]) soit € 1,722 milliards en 2012. Or, le défaut de contribution au bien public s’exprime aussi en matière de cotisations ONSS. L’absence de cotisations employés représente ainsi, selon les calculs d’IEW, € 0,744 milliards et le versement de « cotisations de solidarité » par les employeurs en lieu et place de cotisations ONSS représente € 0,999 milliards. Ce sont donc au total près de € 3,5 milliards de déficit de rentrées fiscales pour l’année 2012 qui sont induits par le système des voitures de société.

 

Dave Sinardet, politicologue, le disait ainsi, fin novembre, dans LaLibre.be :

[…] on a conçu un système dans lequel une partie du salaire peut être versée non pas en euros mais en auto, avec à la clé un avantage fiscal sur la partie auto aussi bien pour l’employeur que pour l’employé. Depuis, il roule dans notre pays plus d’un million de voitures de société dont le coût a atteint les 4 milliards par an. Comme la carte essence de ces véhicules bénéficie également d’un régime favorable, cela n’incite bien sûr pas les gens à aller habiter à proximité de leur lieu de travail, au contraire. Et puisque même les week-ends à la Côte ou dans les Ardennes sont subventionnés, il s’avère que les heureux possesseurs de voitures de société accomplissent bien plus de kilomètres par an que les autres conducteurs. Comment ne pas les comprendre ? Entre-temps, la pollution de l’air et le coût conséquent en termes de santé publique augmentent.

[…] Les moyens alloués en Belgique aux transports publics, tous réseaux confondus, ne représentent que la moitié du coût des voitures de société.

Le véhicule de fonction reste particulièrement populaire : plus de 79% des entreprises privées et 33% des organisations publiques offrent des voitures de société. Fait remarquable : 70% des entreprises disent faire face à des difficultés croissantes pour attirer les talents sans leur offrir de voiture de société.

Pour beaucoup de sociétés, la voiture de société est un avantage que l’on propose à des fins de séduction et de fidélisation du personnel. En interne, les voitures de fonction constituent un élément clé de la stratégie salariale et vu de l’extérieur, les voitures de société renforcent l’image de l’organisation. C'est un symbole plus qu'un besoin : il y a peu de corrélation entre le fait de posséder une voiture de société et celui de l'utiliser à des fins professionnelles.

En revanche, l'impact de cette singularité belge sur la mobilité et les modes de déplacement est très net : 82% des gens qui ont une voiture de société l'utilisent tous les jours pour aller travailler, alors que ceux qui roulent avec leur propre voiture ne sont que 59% à se rendre quotidiennement au boulot avec elle. Cela se répercute au compteur : plus de 85 % des premiers roulent plus de 20.000 km par an, contre moins de 50 % pour les seconds. Et c'est aussi vrai au nord et au sud du pays.

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