Coût du réseau et nouvelles infrastructures


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Extrait de "La fuite (auto)routière"  écrit par Pierre Courbe  et publié  le 2 novembre 2017

Les besoins budgétaires liés à l’entretien du réseau routier wallon peuvent objectivement être qualifiés de très difficilement compatibles avec les capacités budgétaires de la région. La DGO1 estime ainsi à 2.241.615.671 euros [3] les seuls besoins [4] en matière de revêtement [5] pour remettre à niveau le réseau routier régional [6]. A cela s’ajoutent des besoins en matière d’aménagements de sécurité et traversées d’agglomérations, d’ouvrages d’art, d’éclairage, de signalisation et ITS, de modes doux, de lutte contre le bruit, … Le montant total approche les quatre milliards d’euros (tableau 1). Une fois le réseau remis à niveau, encore faut-il pouvoir l’entretenir. Or, «  Une étude finalisée en janvier 2015 par la DGO1 estimait les besoins récurrents en entretien nécessaires à l’entretien des routes en Wallonie à 434,7 millions d’euros HTVA par an. […] En moyenne, ces dernières années, cette enveloppe idéale est couverte à environ 50 à 60%. » [7] Cette insuffisance de moyens génère bien évidemment des tensions entre différentes priorités. Les arbitrages se font inévitablement au bénéfice de la réparation des ouvrages d’art dits de catégorie A (soit ceux « à défauts très importants, dangereux, à réparer en priorité absolue »), à la sécurisation de zones à risques ou à la réparation de chaussées endommagées soumises à un fort trafic plutôt qu’au bénéfice de la lutte contre le bruit ou du développement de l’infrastructure cyclable.

 

 
Tableau 1 : besoins budgétaires associés à la remise à niveau et à l’entretien du réseau routier régional wallon – Sources : plan infrastructures et notes stratégiques DGO1

Certes, les recettes du prélèvement kilométrique sont loin d’être négligeables : 229 millions d’euros par an pour la Wallonie selon les chiffres de Viapass [8]. Soit un peu plus que le déficit relatif aux besoins récurrents et entretien. La nature du prélèvement (en Wallonie, il s’agit d’une redevance pour l’utilisation du réseau concédé à la SOFICO) ne permet cependant pas d’utiliser les recettes à d’autres fins qu’à la maintenance du réseau concédé. Il semble donc difficile, malgré cet apport très substantiel, de tout à la fois remettre le réseau à niveau (en ce compris le réseau régional non structurant), répondre aux besoins récurrents en entretien et développer des politiques de mobilité durable à la hauteur des enjeux. Relevons à ce propos que, pour réaliser un transfert modal significatif vers le vélo, il est communément admis qu’un budget annuel de 10 euros par habitant est nécessaire, soit 36 millions d’euros pour la Wallonie. A titre de comparaison, aux Pays-Bas, les pouvoirs publics investissent 24 euros par habitant et par an dans les politiques cyclables.

 




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