Le bois des vallées, site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)


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Le bois des vallées est constitué de divers boisements feuillus, chênaies-boulaies et hêtraies acidophiles, de milieux semi-naturels ouverts : landes sèches à Calune, pelouses sur sable. La flore et la faune y sont diversifiées (Taymans, J, 2006). Ce site aurait dû devenir site Natura 2000. Le bois figure sur la carte de Ferraris (1771-1778).

Carte avec les chemins

Carte de promenade de Doiceau
Carte de Ferraris (1771-1778).

Le bois des Vallées, un massif boisé typique de la vallée de la Dyle en aval de Wavre 
Le Brabant wallon regorge de sites de grand intérêt biologique bien souvent méconnus du grand public et même des naturalistes. Face à ce constat, le Bruant Wallon s’est donné pour objectif de vous faire découvrir progressivement certains d’entre eux. [...]. Nous vous proposons de gravir le versant sud de la vallée de la Dyle, à hauteur de l’étang de Gastuche, afin de découvrir « le bois des Vallées ». Le bois des Vallées se situe aux confins des communes de Wavre, Grez-Doiceau et Chaumont-Gistoux. Sa superficie est d’environ 90 hectares. Il occupe le versant sud de la vallée de la Dyle, relativement pentu à cet endroit, ainsi qu’une partie du plateau séparant les vallées de la Dyle et du Pisselet (ou Dion). Son point culminant se situe à une altitude d’environ 105 mètres, dans sa partie sud, et son point le plus bas à environ 45 mètres, près de l’étang de Gastuche. Le bois est limité au nord-ouest par la chaussée de Louvain, au nord par l’agglomération de Gastuche, au sud-est par la N25 et au sud par le quartier résidentiel des Quatre Sapins. La partie sud du bois des Vallées porte  également, selon les lieux, les noms de « bois du Tour », « Bruyère Saint-Job », « bois de Dion » ou encore « bois du Longchamp». Bien qu’en grande partie propriété privée, ce bois est parcouru par de nombreux chemins et sentiers publics qui nous permettent de le découvrir. Notons que le bois se situe, au plan de secteur, majoritairement en zone forestière, ce qui lui confère une relative protection, mais s’y trouvent également quelques enclaves de zones d’habitat et de zones de services publics et d’équipements communautaires. Soulignons également que des vestiges de tombelles protohistoriques ont été découverts au sein du bois. Le bois des Vallées se situe sur un important affleurement de la couche géologique des sables du Bruxellien, les limons de couverture ayant été érodés en raison de la proximité de la vallée de la Dyle, ce qui explique l’affleurement des sables. Ceux-ci, très percolants, engendrent des sols secs, acides et maigres, colonisés par une végétation caractéristique. En effet, le bois des Vallées est principalement dominé par des boisements du type chênaie-boulaie acidophile, ainsi que par des plantations artificielles de résineux (Pin sylvestre notamment).
 
Mais cela n’a pas toujours été le cas. En effet, la carte du comte de Ferraris, dressée vers 1770, nous montre que certaines parties du bois actuel étaient occupées par de vastes landes à bruyère, notamment l’actuel quartier de la Bruyère Saint-Job, ainsi que la pointe nord-est du bois.et de son hameau de Basse-Wavre ont dû jadis induire une forte pression humaine sur les bois environnants (coupe de bois d’œuvre et de chauffage, confection de charbon de bois, pâturage par des troupeaux de moutons, essartage, etc.), ce qui explique la présence de ces landes à bruyère qui jadis étaient fort bien représentées sur les coteaux de la Dyle. Quelques lambeaux de ces landes à bruyère ont subsisté jusqu’à nos jours au niveau de talus, de bords de chemin ou encore à la faveur de mises à blanc dans les plantations de résineux. Récemment, une importante mise à blanc au sein du bois des Vallées a permis la réapparition sur une large zone de plusieurs hectares d’une végétation de lande à bruyère, dominée par la Callune (Calluna vulgaris), la Molinie (Molinia caerulea ) ainsi que la Fougère-aigle (Pteridium aquilinum ).
 
Une lande d’une telle ampleur est devenue réellement rarissime de nos jours en Brabant wallon et sa conservation devrait être prioritaire, sachant que ce milieu abrite de nombreuses espèces végétales et animales souvent rares et menacées. Malheureusement, le site ne possède aucun statut de protection particulier et le gestionnaire des bois y a effectué des plantations d’essences exotiques (Robinier faux-acacia et Chêne rouge d’Amérique) qui ne manqueront pas de faire disparaître cette végétation de lande à court terme. La présence envahissante d’une autreAgrotis
Agrotis essence exotique, le Cerisier tardif (Prunus serotina) menace également ces milieux ouverts, mais également les sous-bois des milieux boisés par la forte concurrence qu’elle exerce sur les essences indigènes (Bourdaine, sorbier, etc.). Quelques clairières, en bordure est du bois, sont occupées par une végétation fort intéressante de prés maigres acidophiles, dominés par des graminées frugales telles l’Agrostis commun (Agrostis capillaris),la Houlque molle (Holcus mollis) ou encore une petite Joncacée poilue, la Luzule champêtre (Luzula campestris).  
 
On observe également une clairière utilisée comme terrain de cross par certains motards, qui est de ce fait caractérisée par de grandes surfaces de sables nus. En raison de l’abondance de ces sols maigres et acides, le bois des Vallées présente un intérêt non négligeable pour la conservation de plusieurs petites espèces fort intéressantes, inféodées aux substrats sableux acides, telles la Canche précoce (Aira praecox),la Petite Centaurée (Centaurium erythraea), la Véronique des bruyères (Veronica officinalis) et la Fétuque des brebis (Festuca filiformis).
 
Gros Bec
Gros BecDu point de vue ornithologique, le bois des Vallées constitue un refuge pour de nombreuses espèces forestières, qui apprécient notamment la présence de vieux arbres, de bois mort, de fourrés arbustifs mais également de zones de clairières et de lisières forestières. Malgré l’absence d’inventaires biologiques détaillés, plus de 40 espèces d’oiseaux ont déjà été renseignées dans le site. Citons notamment les Pics noir, épeiche et vert, ainsi que les Mésanges à longue queue, nonnette, boréale, huppée, bleue et charbonnière, le Roitelet huppé, le Bouvreuil pivoine, etc. Parmi les rapaces, la Buse variable est omniprésente. La Chouette hulotte niche également dans le bois. La Bondrée apivore y a été observée en chasse et le Faucon crécerelle affectionne particulièrement les lisières du bois, riches en micromammifères. Le Pouillot fitis, une espèce se raréfiant en Brabant wallon, niche également dans les clairières et mises à blanc. Parmi les autres espèces intéressantes observées sur le site, citons encore le Coucou gris et le Grosbec casse-noyaux. Bien que non observées sur le site, la grande mise à blanc pourrait particulièrement convenir à des espèces très spécialisées : le Pipit des arbres et l’Engoulevent d’Europe, deux espèces qui se sont actuellement fortement raréfiées, voire qui ont disparu en Brabant wallon.
 
Les milieux ouverts rencontrés dans le bois des Vallées sont l’habitat de deux reptiles se raréfiant en Brabant wallon : l’Orvet fragile et le Lézard vivipare. Ceux-ci affectionnent particulièrement l’hétérogénéité des structures de la végétation des landes à bruyère qui leur offrent le gîte et le couvert. La Grenouille rousse et le Crapaud commun sont également rencontrés. Les zones de landes à bruyères, pelouses sur sables et zones de sables nus sont également très favorables à différents types d’invertébrés peu communs en Région wallonne. Citons notamment les abeilles solitaires et la Cicindèle champêtre. Cicindèle champêtre
Cicindèle champêtre
Outre les mammifères communs tels le renard, le chevreuil, le lapin, l’écureuil qui abondent dans le bois, notons que jusque dans les années ‘80, une famille de blaireaux occupait encore un vaste terrier au sein du bois des Vallées. D’ailleurs, le bois des Vallées constitue, d’après une étude flamande récente financée par la Province du Brabant flamand, un maillon essentiel du corridor écologique qui devrait permettre au blaireau de recoloniser la Région flamande au départ des populations sources situées en Wallonie (1).

Malheureusement, le bois des Vallées est fortement enclavé. A l’urbanisation croissante et à la présence d’infrastructures routières telles la chaussée de Louvain dans la vallée de la Dyle est venu s’ajouter l’obstacle infranchissable pour de nombreux animaux que constitue la N25, qui vient buter, depuis 1984, sur la lisière sud-est du bois. Néanmoins, la présence d’un petit tunnel sous cette dernière, à hauteur du bois, pourrait potentiellement permettre le passage d’une certaine faune.

Julian Taymans 2009.
 
 
 

Autres informations

Bois des Vallées: Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Quelques lambeaux de landes sèches sont observés au sein du bois. La petite parcelle de lande à bruyère présente dans le Bois des Vallées occupe une mise à blanc dans une plantation de pins sylvestres. La callunaie, bien développée et composée de plants de Calluna vulgaris relativement jeunes, est en cours de recolonisation par les ligneux, notamment Prunus serotina et Rhododendron ponticum ainsi que Quercus rubra, Pinus sylvestris, betula pendula, Sorbus aucuparia, Castanea sativa, Rubus sp.
On note dans la strate herbacée : Agrostis capillaris, Calluna vulgaris, Carex pilulifera, Cerastium fontanum, Cytisus scoparius, Deschampsia flexuosa, Dryopteris dilatata, Epilobium angustifolium, Epilobium montanum, Hypericum perforatum, Juncus effusus, Lonicera periclymenum, Moehringia trinervia, Molinia caerulea, Polygonatum multiflorum, Rumex acetosella, Teucrium scorodonia, Veronica officinalis.
Une zone sableuse dénudée, d'une superficie d'environ 0,6 ha, se situe le long de la N25, dans la partie est du site. Celle-ci, bien que fortement sujette aux activités de moto-cross, présente un intérêt certain par la présence de lambeaux de pelouses sur sables. Les bords de cette parcelle sont occupés par un ourlet arbustif de Prunus serotina, Betula pendula et Quercus robur. Quelques vieux pieds de Calluna vulgaris sont également présents en lisière. On note dans la strate herbacée : Aira praecox, Agrostis capillaris, Calluna vulgaris, Cerastium fontanum, Cerastium semidecandrum, Conyza canadensis, Cytisus scoparius, Dactylis glomerata, Deschampsia flexuosa, Festuca filiformis, Lonicera periclymenum, Luzula campestris, Hieracium pilosella, Hieracium sp., Holcus mollis, Hypericum perforatum, Myosotis ramosissima, Poa annua, Poa pratensis, Prunella vulgaris, Rumex acetosella, Teucrium scorodonia, Trifolium dubium, Trifolium pratense, Veronica arvensis, Veronica serpyllifolia. Présence de Polytrichum piliferum.
Au lieu-dit 'Bruyère Saint-Job', le bas du versant dominant l'avenue Bruyère Saint-Job est occupé par une ancienne lande à bruyère plantée de Pinus sylvestris et de Quercus rubra accompagnés de Quercus robur, Betula pendula, Sorbus aucuparia, Robinia pseudoacacia, Frangula alnus, Prunus serotina, Castanea sativa, Rosa canina et Crataegus sp. On y note également Amelanchier lamarckii et Rhododendron ponticum. La flore herbacée bordant le chemin est intéressante, avec Bromus sterilis, Campanula rotundifolia, Cardamine hirsuta, Cerastium glomeratum, Deschampsia flexuosa, Linaria vulgaris, Lonicera periclymenum, Luzula campestris, Luzula multiflora, Festuca filiformis, Hieracium murorum, Hieracium umbellatum, Holcus mollis, Hypericum perforatum, Hypochoeris radicata, Myosotis ramosissima, Prunella vulgaris, Poa nemoralis, Pteridium aquilinum, Senecio jacobea, Stellaria holostea, Teucrium scorodonia, Veronica hederifolia, Veronica officinalis, Viola sp.
Sources

Adresse : Allée du Bois des Roux 4-20, 1390 Grez-Doiceau, Belgique

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